Modérateurs: chris2so, Ossau.net

Marek a écrit:La brebis basco bearnaise est de chez nous, elle est jolie dans nos montagnes ( voir les photos de JP) par contre:
Elle ne donne que 100 litres de lait par lactation , par an .Elle n a pas de gros gigots et sa valeur en bete de reforme est pratiquement nulle : c'est un sac d'os et de nerfs) . Les agneaux aussi ne grossissent pas tres vite et n'ont pas bcp de viande...
Marek a écrit:par contre sa voisine , de l'aveyron , qui produit du lait pour le roquefort, elle donne pres de 300l de lait par an , fait generalement deux gros agneaux qui se vendront bien...
Marek a écrit:La différence est de taille: Avec 100 l de lait le fermier fait ses 4 fromages Avec , disons meme, 200 l ( car la lacaune va avoir des conditions difficiles a vivre) , le berger aura plus de travail mais n'auras que 125 brebis a traire , nourrir , surveiller...et la tout devient possible...
Marek a écrit:En effet la lacaune a été selectionnée depuis de tres nombreuses années par des eleveurs et technicien scientifiques... la basco-bearnaise elle n'a pas été selectionnée : pas d'investissement , pas de formation des bergers... C'est dur mais il me faut rappeler : " l'education coute cher, essayer donc l'ignorance."
Marek a écrit:Aujourd'hui il y a en theorie une selection des basco-bearnaises depuis je crois 1975 a Ordiap... mais l'INRA estime le progres genetique , grace a sa selection, a +3litres de lait par an !!! cela veut dire que dans vingt ans la basco bearnaise donnerait un peu plus de 170l par an...
Cette voie n'est pas realiste...
Marek a écrit:Il doit y avoir d'autres voies et notamment le croisement bearnaise lacaune.
Marek a écrit:Il faut qu'il y ait un plan realiste du sauvetage des brebis : ce n'est pas tout de leur faire de belles cabanes en montagnes mais en mettant des batons dans les roues aux bergers qui elevent des lacaunes en bearn...(suppression d'aides notament)
Marek a écrit:De toutes facon il y aura de plus en plus de lacaunes dans le pays basque et en bearn.... la différence economique est insoutenable!
Les bergers voient leur conditions d'existence comparees aux bergers du Roquefort : Ceux ci ont notament depuis de nombreuses années des granges sechoirs à legumineuses dont Bernat a déjà parlé...et vivent mieux que le francais moyen.
Bernat a écrit: Marek, la brebis basco-béarnaise n'a d'autre valeur que d'être une brebis d'appoint. Il faut partir du coeur de métier pour bien appréhender un système métier. Or ledit système ossalois n'est pas orienté brebis mais vache. Vache sans trop de lait, valorisant le veau sous la mère (vrai pour l'ossaloise à tête en lyre). On peut donc considérer la brebis comme accessoire à l'exploitation.
Bernat a écrit:
En Aveyron (causse Méjean, Aigoual, etc.), le système d'exploitation est de tous temps "ovin extensif". Dans ces conditions et vu les étendues pacagées il était intéressant de monter en production d'autant que les quotas laitiers n'avaient aucun sens en matière ovine.
Bernat a écrit: T'inquiètes-pas pour la Lacaune en Ossau... elle fera non pas 300 litres, mais à la rigueur plus car les conditions climatiques, même en montagne, sont plus douces qu'en Aveyron (climat océanique : nous, contre climat continental : eux, qui plus est : grandes étendues sans reliefs particuliers balayés par deux vents formant toutes les congères que l'on veut : la "burle" et la "traverse".
Bernat a écrit:
Marek, on ne sélectionne pas un produit secondaire. Sélectionner coûte alors trop cher. On fait donc avec et si çà rapporte pas trop, on s'en f...t parce que le système dominant est bovin/équin. Si tu trouves des bergeries en Ossau, c'est beaucoup parce que le "jeune" (;) y a 20-30 ans quand même !) avait peu d'argent lorsqu'il a commencé de s'investir là -dedans... et puis le cours du mouton (merci l'OMC) ne s'était pas encore effondré, et puis il y avait probablement un goût nouveau pour ce type d'élevage. Reste que si je disposais de moyens normaux (sans excès) je quitterai le mouton (même Lacaune) pour du "porc fermier" en voie secondaire et de la laitière à viande pour la voie principale.
Bernat a écrit:
On est bien d'accord : un cheptel de second rang ne mérite pas un surinvestissement. Il est amorti comme il est, il reste comme il est. En conséquence de quoi la pièce doit être à un prix bas et la revente de même. D'ailleurs il me paraîtrait utile de l'avoir plus pour de la tonte en parcours sylvaux-pastoraux que pour la voir surpaître nos riches paturages...
Bernat a écrit:
Non, pas d'accord. Soit on fait de la Lacaune pure souche. Car on va pas en plus se payer un jeu d'insémination calculé en vue de croisement de sur-sélection, alors que le standard de race est déjà au top.

Bernat a écrit: ....et puis il y avait probablement un goût nouveau pour ce type d'élevage. Reste que si je disposais de moyens normaux (sans excès) je quitterai le mouton (même Lacaune) pour du "porc fermier" en voie secondaire et de la laitière à viande pour la voie principale.

Bernat a écrit: Non, pas d'accord. Soit on fait de la Lacaune pure souche. Car on va pas en plus se payer un jeu d'insémination calculé en vue de croisement de sur-sélection, alors que le standard de race est déjà au top.
Bernat a écrit:Soit on reste en basco-béarnaise qu'on peut valoriser en Mérinos croisé avec du Romanov. Le Romanov est prolifique (2 à 3 petits) et rustique. C'est une race à viande.
Bernat a écrit:Le Mérinos est réputé pour sa laine, mais c'est une race à viande très bien conformée, mais un peu fragile chez nous (mouton de plaine).
Bernat a écrit:Enfin la nôtre pour ses qualités maternelles et son lait nourricier.
Bernat a écrit:Si on fait du fromage, dans ces conditions, c'est pour soi (consommation personnelle). Bien sûr on pratique le pâturage tournant rationné y compris en parcours sylvaux-pastoraux. Comme "l'agneau sous la mère" est une production accessoire, on ne doit pas supporter un coût d'exploitation exagéré. Le problème à résoudre ou la quadrature du cercle va être la main d'oeuvre. D'où : soit on fait de l'extensif sur des pièces de piètres qualités, soit on arrête cette production peu rentable si on y prête trop attention...
Bernat a écrit:
En 1986, une grange sécheuse coûtait autour de 500 KFRF. Aujourd'hui on doit être autour de 150 KEUR. On ne sèche pas nécessairement que des légumineuses (même si celles-ci sont les plus fragiles en terme de conservation de la valeur), mais également tout type de foin...
Il me semble que quitte à croiser dans un but ovin en principal, il serait judicieux de benchmarker les autres zones de montagnes similaires à nos conditions de vies et ce dans une Europe de l'Atlantique à l'Oural (porte de la Sibérie occidentale). Puis voir si un croisement serait rentable.
Enfin si j'avais des basco-béarnaises, je serais tenté par l'insémination en race à viande et j'oublierais l'astreinte de la traite et de la transformation. Car souvent le paysan oublie d'intégrer sa quantité de travail dans le calcul de sa marge brute. Et çà çà fausse l'analyse économique !

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