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Isards décimés

Les isards, les ours, les vautours... Tous les sujets qui concernent les animaux sauvages doivent être postés ici.

Modérateurs: chris2so, Ossau.net

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Nouveau messagede resPYRation » Dim 31 Aoû 2008 18:44

aner a écrit:..je voulais juste signaler que j'avais le sentiment que la maladie progressait rapidement.

C'est aussi l'avis d'un chasseur -sympa- que j'ai rencontré dans sa cabane ce w.e et qui était là en observateur. La quasi totalité des hardes de la vallée sont touchées par l'épidémie de kératite..
Si on rajoute la "pestivirose" -ou erlichiose mais peut-être que je me trompe- une maladie virale qui touche actuellement dramatiquement les femelles allaitantes provoquant la mort du petit, la situation est particulièrement alarmante.

Que vont décider les fédérations de chasse pour la saison qui s'annonce?
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Isards décimés

Nouveau messagede resPYRation » Lun 23 Mar 2009 10:28

Eh bien il n'y a pas eu apparemment de décision. La chasse à l'isard s'est déroulée comme prévue.. Les quotas ont-ils été atteint? Va savoir! :mrgreen:

On aimerait, et je le dit sans aucune animosité, que les fédérations de chasse jouent un peu plus la transparence. Surtout quand la survie d'une espèce emblématique comme l'isard des Pyrénées est en jeu.
On aimerait aussi que, lorsqu'une espèce est décimée par plusieurs maladies mortelles, le droit au passe-temps qu'est la chasse loisir cède la place au droit à la vie.

Est-ce trop demander?
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Nouveau messagede mountain man » Lun 23 Mar 2009 12:53

resPYRation a écrit:Eh bien il n'y a pas eu apparemment de décision. La chasse à l'isard s'est déroulée comme prévue.. Les quotas ont-ils été atteint? Va savoir! :mrgreen:

On aimerait, et je le dit sans aucune animosité, que les fédérations de chasse jouent un peu plus la transparence. Surtout quand la survie d'une espèce emblématique comme l'isard des Pyrénées est en jeu.

Est-ce trop demander?


une très rapide recherche (cela dit sans animosité :mrgreen: ) aurait pu par exemple t'amener ici :

http://www.frc-midipyrenees.fr/?Isard,79

l'analyse des différents pdf (même s'il manque les réalisations 2008) montre que la situation est loin d'être uniforme sur toutes les unités de gestion. Les plans de chasse sont donc établis en conséquence.
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Nouveau messagede resPYRation » Mar 24 Mar 2009 19:26

Les plans de chasse à l'isard évoluent d'un département à l'autre. En Haute Garonne, merci pour le lien, il est en diminution par rapport aux années précédentes.
Le plan de chasse a subi une forte baisse depuis 2003. Différents problèmes sanitaires, aggravés probablement par du braconnage, sont responsables de cette situation.

Dont'acte.. mais ce n'est pas le cas partout!

Reste que les isards auraient bien besoin qu'on les laisse un peu tranquilles. Atterrissons quelques instants:
Voilà un splendide animal, emblématique de nos montagnes, et qui risque de s'éteindre parce qu'il est confronté à plusieurs pathologies mortelles en même temps et que l'ONCFS et les Fédérations de chasse n'envisagent pas une seconde d'arrêter les "prélèvements" de chasse (pour reprendre la terminologie "chasseur"..).

Que va-t-il rester à nos petits enfants?
Une montagne banale, vide, simple support de production à la chaine d'animaux d'abattage et d'arbres?


Pour en revenir à l'avis de l'ONCFS, la situation des isards semble s'améliorer.. Perso, vu le nombre d'animaux malades que j'ai pu voir depuis un an, je ne partage pas ce brillant optimisme. Et j'aimerais entendre un avis plus indépendant que celui d'un organisme contrôlé à 98 % par les chasseurs..
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Nouveau messagede mountain man » Mer 25 Mar 2009 13:06

resPYRation a écrit:Les plans de chasse à l'isard évoluent d'un département à l'autre. En Haute Garonne, merci pour le lien, il est en diminution par rapport aux années précédentes.


non, par rapport à 2003, il a dépassé le niveau de 2005

resPYRation a écrit:Dont'acte.. mais ce n'est pas le cas partout!


effectivement, c'est ce que je t'ai dit, la situation n'est pas homogène. Les attributions de plan de chasse en tiennent évidemment compte. Plusieurs unités de gestion ne sont pas chassées.

resPYRation a écrit:Atterrissons quelques instants:
Voilà un splendide animal, emblématique de nos montagnes, et qui risque de s'éteindre parce qu'il est confronté à plusieurs pathologies mortelles en même temps et que l'ONCFS et les Fédérations de chasse n'envisagent pas une seconde d'arrêter les "prélèvements" de chasse (pour reprendre la terminologie "chasseur"..).


oui, atterrissons quelques instants ! pourquoi toujours cette tendance au "catastrophisme" ? Comme je viens de te le dire, il n'y a pas de "prélèvements" de chasse là où les populations ne peuvent le supporter, comme d'ailleurs dans tous les autres plans de chasse au niveau national...
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Quelle épizootie frappe la ongulés sauvages des Pyrénées

Nouveau messagede LE FRONTALIER » Sam 27 Juin 2009 00:41

Un cri d’alarme a été poussé depuis plus d’un an par plusieurs randonneurs pour savoir si les isards allaient survivre. Pourquoi ?
Il faut bien admettre qu’à ce jour une mortalité inhabituelle d’isards (du type Rupicapra Pyrenaica pyrenaica) a été observée dans certains massifs de la vallée d’Aspe ou d’Ossau ; un comptage partiel effectué en mars puis début juin 2009 dans le secteur d’Iseye laisse supposer que cette mortalité par rapport aux effectifs de 2007 était nettement supérieure à 80 %.
. Ce pourcentage serait donc du même ordre de grandeur que celui donné par les espagnols dans d’autres secteurs du versant sud des Pyrénées : entre 2005 et 2007, il était de 85 % dans la réserve de Urgell, de 60 à 65 % dans une autre (Cadi …?), etc… de l’ordre de 50% dans le val d’Aran… Au cours de l’été 2007, la maladie (toutes pathologies confondues) s ‘est propagée, côté espagnol, dans les secteurs d’Astun et de Formigal . Au printemps 2008, elle s’est étendue vers l’Ouest , secteur Arangués –Hecho . Elle ne s’est pas limitée au versant Sud des Pyrénées. Des isards ont été retrouvés morts ou en train de mourir côté Français, du côté de Lhers ou des aiguilles d’Ansabère (Lescun) par des bergers ou des amateurs d’escalade. Si cette épizootie sévit côté espagnol, il faut s’attendre à ce qu’elle se soit propagée, de la même façon, du côté français (les espagnols estiment qu’au cours des années 2006 et 2007, 3000 isards sont morts dans les réserves espagnoles). Ces faits n’ont jamais été rapportés publiquement par ceux chargés de la veille sanitaire de la faune sauvage.
Une question se pose aujourd’hui : Pouvait-on intervenir et limiter cette épizootie avant qu’elle ne se propage le long de la chaine pyrénéenne ?


Une telle mortalité, jamais connue en vallée d’Aspe, est plutôt la conséquence de toutes sortes de pathologies qui ont pu se développer chez ces ongulés sauvages en étant au contact d’un pestivirus (virus de la maladie des frontières) qui doit être très vraisemblablement de type BDV-4 ; cette épizootie rend ces animaux immuno-déprimés, donc beaucoup plus vulnérables à toute surinfection parasitaire, bactérienne, ou virale, et ce qui fait que, selon la virulence du virus et son tropisme, certains de ces animaux peuvent présenter une kérato-conjonctivite, et/ou de problèmes respiratoires (broncho-pneumonies …), et/ou d’autres pathologies : diarrhée, maladies parasitaires qui peuvent entrainer en plus, un "blocage" de la voie digestive… etc.

Ce virus se manifesterait, selon les premiers examens visuels, par un "amaigrissement, une dépilation (alopécie bilatérale, apparition de zones cutanées glabres …"), et/ou une kérato-conjonctivite plus ou moins marquée, et/ou de gros ventres, de 2 à 3 fois la normale….

La photo ci-dessous publiée dans le web par l’université autonome de Barcelone le montre [(http://www.uab.es/Imatge/PestivirusIm1.jpg , Fig. 1, cliquez sur le lien

pestivirus1.jpg
pestivirus1.jpg (39.33 Kio) Vu 1189 fois


En ce qui concerne les alopécies , consulter les URL ci dessous qui montrent un isard bleu-noir sans un poil qui n’est pas sans rappeler la découverte par les chasseurs ou les promeneurs dans ce secteur d’Aspe, de renards qui présentent plus ou moins les mêmes symptômes . Espérons qu’il s’agit de cas isolés, surtout lorsque l’on sait que ces bêtes ont été vues à proximité des maisons d’habitation.
http://www2.vet-lyon.fr/ens/epid/docume ... ivirus.pdf
http://www2.vet-lyon.fr/ens/epid/docume ... Arnal1.pdf
Les méfaits de cette maladie peuvent être également suivis en consultant toutes les publications qui sont mises à la disposition des internautes et qui sont référencées en utilisant comme mots-clefs : pestivirus uab.es],..


pestivirus2.jpg
pestivirus2.jpg (18.91 Kio) Vu 1189 fois


La Fig. 2 ci-dessus (http://www.uab.es/Imatge/PestivirusIm2.jpg, cliquez sur le lien) témoigne en plus dans certains cas, de la présence d’une "épaisseur purulente", assez importante, (jamais signalée, mais que j’ai constatée personnellement sur l’animal vivant), sous la peau, au niveau des yeux, des cornes et du cou de l’animal et peut être même ailleurs.
Cet élément permettrait d’expliquer les alopécies mentionnées, "la perte des poils autour des cornes et des yeux.", la facilité avec laquelle la peau se décolle lorsqu'on tire dessus (signalée par les espagnols puis maintenant par les français), et ces kérato-conjonctivites qui n’ont retenu que l’attention de nos spécialistes français …des Pyrénées occidentales ???. Difficile à comprendre. Une telle mortalité observée depuis 2 ou 3 ans dans le secteur ne pouvait s’expliquer par une simple kérato-conjonctivite

Le Sam 26 Avril 2008, resPYRation a publié sur Ossau.net isards-decimes-t1320-80.html, (cliquez sur le lien) une photo qui est également assez explicite sur la maladie des isards . Observez le gros ventre de l’animal, une tête démesurément dilatée au niveau des cornes, la perte des poils au niveau du flanc de la bête .. Pour les randonneurs non avertis, faites vous même la différence avec des isards qui semblent parfaitement sains, présentés sur une photo de F. Brès du 2 décembre 2005
http://www.lacsdespyrenees.com/forum/ms ... 306&page=2



Lorsque vous fréquentez la montagne depuis près de soixante ans, et que vous découvrez des bêtes dans un état pire qu’elles n’apparaissent sur les photos (comme la mise quasiment à nue d’une partie du crâne, sous l’œil), vous n’aurez qu’à imaginer ce que l’on peut ressentir.


A ce tableau s’ajoute celui de la disparition de l’avifaune : je n’ai pas vu un seul oiseau au dessus de 1500 mètres (curieusement, ce point n’a pas été abordé). Il ne faut pas s’en étonner : en altitude, avec le froid, tous les oiseaux sans exception, deviennent omnivores, d’ou les conséquences engendrées lorsque d’autres pathologies se développent en même temps.
Vous ne voyez plus que quelques vautours dont l’agressivité peut ou va poser des problèmes de sécurité, ce qui est inévitable.


Le taux de mortalité chez les isards étant très élevé, il ne fait plus aucun doute que la souche doit être très virulente. Il serait peut être temps que des études soient effectuées afin de tenter d’enrayer cette épizootie. Son origine ? Aujourd’hui les espagnols prétendent que les ovins en seraient à l’origine. D’autres publications ont accusé les italiens…Toujours est-il qu’elle a été transmise aux animaux sauvages qui eux -mêmes ont dû la transmettre aux ovins .etc.., et que cette épizootie a envahi progressivement en quelques années, toute la chaîne pyrénéenne par le biais de la faune sauvage.

C’est pourquoi il nous faut aborder le problème de la contamination .
Les voies d’entrée de ce virus sont multiples : transmission directe par voie orale, nasale, génitale, conjonctivale .Ce virus se transmettrait donc par toutes "les sécrétions et excrétions des animaux malades ou morts : salive, urine, matières fécales …etc., ce qui peut entraîner une contamination digestive et/ou respiratoire".
Qu’en est-il des cadavres d’isards laissés dans la nature, morts naturellement ou abattus par les chasseurs ?? On peut en mesurer les conséquences lorsqu’on sait que la propagation de la maladie, en montagne, peut également se faire par des insectes "piqueurs" (les plus communs dans ces lieux, avec la présence du bétail en estive) ; ce risque est bien certain puisqu’il a été prouvé que ce type de virus qui est bien présent dans le sang des animaux infectés, conserverait sa virulence 6 jours à + 4°C (Alfort)

Il ne fait plus aucun doute qu’une grosse partie de la population d’isards restante doit être infestée aujourd’hui, exception faite de quelques individus résistants naturellement ou immunisés comment ???
Que peut-il se passer maintenant ? Nul ne le sait . Les avis sont partagés.
Selon un technicien supérieur français de la chasse, "les conséquences de cette maladie se traduisent par une stérilité des animaux, des avortements et une mortalité périnatale. Les animaux peuvent naître faibles et de petite taille"….
Dans le cas d’une très virulente, soi-disant "kératoconjonctivite ??" qui a affecté les chamois du Sud de la France et d’une vallée Suisse, des scientifiques ont observé que des animaux ont développé une seconde infection alors qu'ils auraient dû être immunisés suite à la première infection.

D’autres « Spécialistes» sont beaucoup moins pessimistes, et vous disent : Laissons faire la nature ; est-ce raisonnable ??? . Ces animaux sont-ils réellement immunisés contre toute nouvelle infection ou surinfection ?

En réalité, ce n’est qu’au début de l’été que nous saurons si les femelles infectées l’année précédente et qui théoriquement devraient être immunisées si l’on se base sur d’autres modèles d’animaux ont pu donner naissance à des chevreaux viables . Un doute subsiste. Il y a de quoi..A ce jour, dans le secteur où un suivi a été effectué, si aucun chevreau de l’année 2008 n’a été aperçu parmi les isards qui ont survécu, 2 petits chevreaux viennent d’être aperçus parmi les 14 restants sur les 140 de 2007.


Un autre gros problème subsiste. Ce type d’animal fréquente les mêmes estives que les ovins, bovins, chevaux…
Il est bien établi aujourd’hui que ce type de virus peut affecter les troupeaux de brebis (ce qui avait été mis en doute il y a quelques années) et principalement les femelles en cours de gestation .
La preuve scientifique a été apportée, donc indiscutable. Après inoculation volontaire d’un virus de souche Orlu à des brebis gestantes, des scientifiques ont fait un suivi de ces animaux et des agneaux auxquels elles ont donné naissance lorsqu’ils sont nés dans des conditions normales . Le compte rendu de leurs travaux a été publié lors des 26èmes Rencontres du G.E.E.F.S.M. *Faucon de Barcelonnette (04) France, du 15 au 18 mai 2008*,(http://www2.vet-lyon.fr/ens/epid/docume ... gramme.htm)
DUBOIS Eric et al.: Etude chez la brebis gestante de la pathologie associée à la souche Orlu de pestivirus d'isard
Les conséquences d'une telle infestation qui dépendent du stade de gestation des femelles au moment de la contamination peuvent être constatées sur un ouvrage du Professeur J. Brugère-Picoux (mots clés : Maladies des moutons J Brugère-Picoux - 2004 - books.google.com), chapitre "Pestivirose ovine", page 22 et suivantes ) – Sur les photos présentées, on peut observer que selon le cas (sans rentrer dans les détails au sujet de la contamination), cette infection conduit lorsqu’il n’y a pas avortement, à des retards de croissance chez les agneaux atteints, des anomalies du développement osseux, des pattes anormalement longues (désignées par pattes de chameau selon les uns, ou pattes de chiens selon les autres) de l’hirsutisme, des malformations faciales…
Des photos sur ce même sujet sont publiées sur http://etudiant.vet-alfort.fr/pedago/th ... /index.htm et sur
http://etudiant.vet-alfort.fr/pedago/th ... isease.htm (cliquez sur les liens)

Des bergers, éleveurs de la vallée, dans laquelle a été effectué le comptage ont connu des problèmes d’avortements, et autres… ces deux dernières années, sans que l’on sache s’ils étaient en rapport avec cette épizootie vu que des tests n’ont jamais été pratiqués (il n’existerait officiellement aucun vaccin pour lutter contre la pestivirose des ovins - les seuls vaccins disponibles sur le marché sont des vaccins contre les pestiviroses bovines).


La maladie apparaît à la suite de l’infestation du troupeau par un animal porteur du virus (qu’on appelle animal infecté permanent immunotolérant, IPI, et excréteurs de virus, (" c’est une bombe à virus").
Ces animaux IPI nés d’une femelle infectée en début de gestation (entre le 20ème et 60ème jour chez la brebis) suite à un passage viral transplacentaire, reconnaissent le virus comme soi et ne forment pas d'anticorps (et donnent donc un résultat négatif aux tests sérologiques) alors que le virus circule dans l’organisme et n’est détectable que grâce à des analyses virologiques du sang" . La recherche des anticorps est donc insuffisante
Bien que le pourcentage de ces animaux IPI dans un troupeau soit faible, de l’ordre de 1 à 2 %, l’infestation du troupeau persiste s’ils sont toujours présents.

En principe, on admet que l’espérance de vie d’un IPI (dans le cas des ovins) est réduite ; l’expérience a montré cependant qu’elle dépend également de la virulence de la souche . Ainsi, des souches peu virulentes installent parfois une infection persistante sans aucun signe clinique et les agneaux sont et restent IPI toute leur vie ; ils grandissent moins, et moins vite que la normale . La virémie est généralement aisément détectable sauf lors des deux premiers mois de vie où le virus est masqué. http://oatao.univtoulouse.fr/1995/1/debouch_1995.pdf

Si les problèmes de ces animaux IPI peuvent être résolus au niveau des brebis (par leur reconnaissance et leur abattage – élimination des brebis IPI à fertilité réduite, des béliers IPI sélectionnés pour la reproduction) , ce n’est pas le cas encore avec les isards..


A côté de ces animaux IPI, il faut mentionner que les autres ovins adultes exposés au BDV peu virulent ne souffrent en général que d’une affection bénigne ; ces symptômes passent le plus souvent inaperçus . Quatre à onze jours après leur contamination, les animaux présentent un peu de fièvre et une légère leucopénie, associées à une courte virémie et suivies de l’apparition d’anticorps circulants .
Dans le cas d’une forme aiguë, l’animal présente par contre, une forte fièvre avec une leucopénie grave et durable, accompagnée d’anorexie, de conjonctivite , …et de diarrhée
Il semblerait que par la suite, les brebis séropositives acquièrent une immunité qui doit les protéger, le virus ne pouvant affecter que les brebis n’ayant jamais été au contact de ce type de pestivirus.


Dans l’état actuel des connaissances, ce même problème avec les isards est loin d’être maîtrisé : un pestivirus isard inoculé à une femelle isard gravide a conduit à la production d'un chevreau infecté permanent immunotolérant (IPI), et en revanche, ce même pestivirus n'a entraîné qu'une séroconversion tardive de 2 des 3 brebis gravides inoculées (VAUTRAIN G. , 2007 Toulouse). De même, dans une publication du mois de mars 2009, les espagnols font état de la présence de pestivirus (méthode RT-PCR) dans 66 isards sur 68 des réserves de Cadi et d’Urgell, et ont constaté que seulement 2 isards positifs à ce test PCR sur 60 ont des anticorps spécifiques des pestivirus, ce qui laisse supposer que seule une infime quantité d’isards pourrait être immunisée ???( Ignasi Marco, mars 2009, dans Border Disease Virus among Chamois http://www.cdc.gov/EID/content/15/3/448.htm).

En conclusion, ces auteurs précisent que le reste de la population des 2 réserves citées devrait avoir acquis une immunité contre l’infection (population atteinte en 2001) mais signalent toutefois que le taux de croissance des populations n’a pas été aussi rapide que prévu (en juillet 2007, ce taux était de 10 % pour l’une et de 3 % pour l’autre). Effectivement comment expliquer d’une part, le taux important de mortalité constaté actuellement chez les isards alors qu’il est très limité chez les ovins et d’autre part, que les isards semblent avoir été affectés dans de faibles proportions dans les populations déjà atteintes en 2001. Dans ce dernier cas, aurait-il acquis une certaine immunité ???. Nous espérons que les nouveaux comptages d’isards qui doivent être effectués dans la basse vallée d’Aspe (les premiers étant très surprenants, vu que nous n’avons jamais entendu parler d’épizootie après les années 2000 et donc qui ne seraient pas immunisés) pourront nous apporter une réponse


Si l’on souhaite améliorer la condition de l’espèce, c’est à ce niveau que doivent intervenir les pouvoirs publics et les responsables cynégétiques . La neige étant très abondante cette année, il était très facile ces derniers temps d’identifier les isards malades et d’adopter de simples mesures de prophylaxie hygiénique comme l’abattage.
A ma connaissance, aucun tir sanitaire n’a été organisé par nos instances responsables. Il ne faut pas perdre de vue qu’un tir sanitaire consiste à abattre une bête, à la récupérer et à la confier aux services public de l’équarrissage, et si cela n’est pas possible, à procéder à son incinération ou son enfouissage conformément aux textes du Code rural et aux différents textes promulgués par le ministre de l’agriculture ou de l’environnement.

Article R.* 223-5. Les cadavres ou parties de cadavres des animaux morts ou abattus comme atteints de maladie contagieuse sont soit traités conformément aux prescriptions déterminées par un arrêté du ministre chargé de l'agriculture, soit transportés dans un établissement chargé du service public de l'équarrissage pour y être détruits. Dans le cas où aucun de ces moyens ne peut être employé, on a recours à la destruction par le feu ou à l'enfouissement.
Les articles L. 226-4 et L. 926-3, CCTP N° EQUAR-2005-19SPE-2006-15 du 6 avril 2006, prévoient qu’en cas de force majeure ou de nécessité d’ordre sanitaire, dans les seules zones de pâturage estival en montagne... les animaux peuvent être incinérés ou enfouis sur place ou dans un enclos communal
L’article R 226-1l prévoit que cette tâche incombe à des agents de l’état : Dans certains cas, le maire peut faire procéder à l’enlèvement ou au déplacement de ces cadavres par les pompiers, les garde-chasses ou d’autres services administratifs. Malgré la prise en charge de l’animal par ces services, celui-ci continue de relever du SPE.


Compte tenu de ces textes, on peut se demander comment des directives locales ont pu être données aux chasseurs des Pyrénées Atlantiques, dans le cadre d’un soi-disant plan chasse, élaboré par qui ??? et ne figurant sur aucun document officiel ??? : les bêtes malades devaient être abattues et laissées sur place après avoir été baguées, ce qui constitue pour le moins une source de contamination qui est encore plus grave lorsqu’on sait que de nombreux animaux ont été laissés en plus dans les environs de sources qui alimentent en eau potable un bon nombre de maisons d’habitation de la vallée.
Il ne faut point s’étonner que le nombre d’animaux abattus dans le cadre de ce plan chasse ne soit pas encore connu. Toute cette politique est à revoir

En 2002 la DDAF avait fait savoir que "cette pestivirose ne génère aucun trouble décelable sur le cheptel domestique des estives " et que "l'homme apparaît insensible à ce virus". Les travaux de l’Unité de pathologie des petits ruminants de Sofia-Antipolis ont démontré le contraire dans le cas des ovins. En ce qui concerne l’homme, il serait temps que les références de ces travaux soient publiées (infection des LT, récepteur et type de co- récepteurs…etc.) .
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Nouveau messagede resPYRation » Sam 27 Juin 2009 21:14

Merci pour ce brillant exposé.

En 2002 la DDAF avait fait savoir que "cette pestivirose ne génère aucun trouble décelable sur le cheptel domestique des estives " et que "l'homme apparaît insensible à ce virus"


Comme dab il faut accueillir ces déclarations "apaisantes" (circulez, il n'y a rien à voir..) avec énormément de précautions.
La chasse à l'isard devrait bien évidemment être suspendue pour au moins deux ou trois saisons. Et les animaux malades soignés ou euthanasiés par des professionnels. Un suivi vétérinaire particulier (avec des renforts, par exemple des étudiants vétérinaires) des troupeaux en estive devrait être aussi organisé.

Mais là encore les autorités fantoches qui sévissent dans notre région s'avèrent incapables de prendre la mesure du problème que quasiment tout le monde ici, population des montagnes, chasseurs, non chasseurs, saisonniers, randonneurs et même touristes connaissent depuis plusieurs années déjà. :evil:

(PS) Et pour répondre à mountain man, je trouve un peu fort de café que lorsque je rencontre un chasseur sur le terrain (ou en dehors..), il me fait part, entre quatre yeux, de sa vive inquiétude sur la santé des populations d'isards et lorsqu'on lit les déclarations officielles ou encore certains posts sur ce forum, tout semble aller pour le mieux! Duplicité, quand tu nous tiens.. :mrgreen:
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Nouveau messagede resPYRation » Mar 30 Juin 2009 10:51

Un autre gros problème subsiste. Ce type d’animal fréquente les mêmes estives que les ovins, bovins, chevaux…
Il est bien établi aujourd’hui que ce type de virus peut affecter les troupeaux de brebis (ce qui avait été mis en doute il y a quelques années) et principalement les femelles en cours de gestation .

Il y a aussi des troupeaux de chèvres dans la vallée. Plus sensibles à priori aux différentes affections qui touchent les isards.. Chèvres qui côtoient toute l'année, et pas seulement pendant les estives, les populations d'ovins.. Quoique, quand on regarde les principales définitions de ces espèces:

"La chèvre domestique est un mammifère herbivore et ruminant, appartenant à la famille des bovidés, sous-famille des caprinés ou caprins."

"Le mouton (Ovis aries) est un mammifère domestique herbivore et ruminant de la famille des bovidés, de la sous-famille des caprinés et du genre Ovis."

"L'isard ou izard (Rupicapra pyrenaica) est une espèce de la sous-famille des caprinés, assez fréquente dans les Apennins ou le massif des Pyrénées et de la Cordillère Cantabrique."

Alors, j'ai beaucoup de respect pour le savoir des vétérinaires, mais à l'heure où la barrière des espèces (y compris vers l'espèce humaine) est franchie allègrement par quantités de virus, ce que l'on estimait impensable voilà quelques dizaines d'années encore, des espèces aussi proches qu'isards, chèvres, moutons et même bovins peuvent à l'évidence développer des affections voisines.
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Nouveau messagede mountain man » Mar 30 Juin 2009 15:08

resPYRation a écrit:Alors, j'ai beaucoup de respect pour le savoir des vétérinaires, mais à l'heure où la barrière des espèces (y compris vers l'espèce humaine) est franchie allègrement par quantités de virus, ce que l'on estimait impensable voilà quelques dizaines d'années encore


allons, allons, resPYR, tu n'as jamais entendu parler de la rage ? par exemple... il me semble bien que ça fait déjà "quelques dizaines d'années" qu'on sait qu'elle se transmet de l'animal à l'homme, non ?
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Nouveau messagede resPYRation » Mar 30 Juin 2009 19:22

L'exemple de la rage est un exemple ancien mais qui était considéré comme une exception il y a encore 25 ans..
Jusqu'à l'apparition du SIDA où la transmission inter-espèces s'est "réveillée" à notre bon souvenir et a fait couler plus d'encre en quelques années qu'en un ou deux siècles auparavant!

Pour revenir au sujet, il est intéressant de consulter les études prouvant la transmission de la pestivirose vers les troupeaux de moutons. Et je ne pense pas que la solution soit de laisser disparaître les isards en les laissant mourir de leur affection et en continuant à les chasser!
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Nouveau messagede mountain man » Mar 6 Oct 2009 15:21

quelques éléments d'une étude sur le suivi sanitaire des isards sur toute la chaîne pyrénéenne :

http://www.frc-midipyrenees.fr/?Suivi-s ... de-l-Isard

et la synthèse des comptages dans les Hautes Pyrénées :

http://www.frc-midipyrenees.fr/IMG/pdf/ ... _isard.pdf

pas encore tout à fait une espèce en voie de disparition...
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Re: Isards décimés

Nouveau messagede resPYRation » Sam 19 Mar 2011 20:15

Bonjour madame, vous êtes bien belle..

DSC_0087_NX2.jpg
DSC_0087_NX2.jpg (310.45 Kio) Vu 375 fois


J'espère que c'est une dame! :oops:

(PS) Cliquez sur l'image pour voir la photo entière. Oui, je sais, j'ai un peu dépassé..
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Re: Isards décimés

Nouveau messagede Adrien Casaux » Sam 19 Mar 2011 23:29

Au vu des cornes il s'agirait d'une femelle.
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