Ils nous envoient-z-à la mort"
Ce refrain chanté en Gascogne par les conscrits de 1810, rapporté par le Préfet des Hautes-Pyrénées, en dit long sur l’état d’esprit dans lequel fut accueillie ici la conscription pour les armées napoléoniennes.
Qu’on briguerait en foule une si digne mort"
Ce héros porté aux nues est aussi de chez nous. C’est Jean-Baptiste Guindey, natif de Laruns. Le 10 octobre 1806, ce « héros pyrénéen sous l’Empire », comme dit le titre du livre qui lui a été consacré, avait tué d’un coup de sabre le Prince Louis-Ferdinand de Prusse, qui refusait de se rendre. Il est fait maréchal des logis-chef et décoré de la Légion d’Honneur pour ce fait d’armes. « Je l’eusse fait de plus officier s’il m’eût amené le Prince vivant », dit Napoléon.
Ce héros, devenu officier, est mort à 28 ans, à la bataille de Hanau, le 30 octobre 1813, respectant ainsi au mot le mot du colonel de son 10° Régiment de hussards, son premier régiment : « Tout hussard qui n’est pas mort à 30 ans est un jean-foutre. »
Jean-Baptiste Guindey ne sera jamais un jean-foutre : son exploit du 10 octobre 1806 est l’une des représentations symboliques de l’épopée napoléonienne qui figure sur l’Arc de Triomphe, à Paris. Son petit-neveu fit ériger en 1903, à Laruns, un monument en son honneur, et probablement son épitaphe au cimetière de Montmartre, à Paris. Le monument est toujours sur la place principale de Laruns, « entre deux camions », disent aujourd’hui les nostalgiques bonapartistes.
Son père était un ancien [url=http://www.ossau.net/ossau/voirsujet_701.htm]Commis à la Mâture[/url], dite "de Bordeaux", mais travaillant à Laruns. Sa mère, Jeanne Boutigue, était une authentique ossaloise de Laruns. Jean-Baptiste Guindey n’était ni un cadet qui devait partir s’il était tiré au sort, ni un aîné héritier d’une ferme qui devait échapper à la conscription. Il était un aîné sans terres, préparé par son environnement familial à une carrière militaire et à s’engager volontairement dans les armées napoléoniennes. Il n’eut pas à être tiré au sort, à partir des listes établies par les maires, sous contrôle su Préfet du département des Basses-Pyrénées.
Les conscrits soumis au tirage au sort parlaient ainsi de leur maire et du Préfet :
n’en sont deux jolis cadets,
« Ils nous font tirer-z-au sort
Ils nous envoient-z-à la mort »
Ceux qui « tiraient-z-au sort » le mauvais numéro
(Lire « Résister à la conscription 1798-1814, le cas des départements aquitains », Louis Bergès, Ed.du CTHS, 2002)
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Alain (arrière-arrière-petit-neveu de Jean-Baptiste Guindey)



