je peux te certifier que sur certains dossiers comme la future "A65" que les environnementalistes comme les chasseurs sont autour de la table. Aussi difficile cela soit-il, nous devrons en passer par là pour répondre à des questions comme la gestion des grands gibiers (sanglier en surnombre affolant, chevreuil, etc.) et la préservation des zones en périodes de brame, de nidification... je reconnais aux chasseurs d'être d'excellents observateurs de la nature comme les bergers.
J'étais récemment comme observateur à une réunion en Béarn où il était question du grand tétras et et coq de bruyère. Il semble que le problème soit plus une question d'habitat qu'une question d'espèce.
Ces volatiles ont besoin de milieux ouverts plus ou moins enserrés dans un milieu fermé. Or l'évolution du pastoralisme ou sa disparition dans certaines zones pour des raisons de difficulté moderne d'exploitation font que ces milieux se ferme et ne permette plus l'accueil du coq et des poules notamment à la période de reproduction. Conclusion, ils disparaissent peu à peu.
Une expérience a été menée sur une commune de la vallée d'Aspe consistant à déboiser une zone. Le coq est revenu et s'est reproduit assez rapidement.
Je me demande si le meilleurs moyen de protection n'est pas de redonner de l'importance aux habitas plutôt qu'aux espèces et non l'inverse (ce qui n'exclu pas des périodes de non chasse pour renforcer les populations). La même problématique existe pour les hirondelles ou les chauves souris : on détruit leurs habitats et elles disparaissent plus vite que son on les chasse.
effectivement dans certains cas la réouverture de milieux (lisières, clairières) peut favoriser le Grand Tétras. Mais il faut se rendre compte aussi que beaucoup de lisières et sous-bois trop pâturés sont inhospitaliers pour l'espèce, qui a besoin d'un couvert herbacé ou arbustif minimum mais pas trop dense (myrtilles ou rhodos ou autres). Ce couvert sert aux poules pour nourrir et dissimuler leurs nichées et aux coqs pour s'alimenter en été (baies, insectes).
Au final il ne me semble pas judicieux de généraliser des actions mécaniques d'ouverture de milieux, très coûteuses, forcément localisées et allant à l'encontre de l'évolution naturelle du milieu. Mieux vaut agir plus globalement sur la gestion forestière, la tranquillité des biotopes vis-à-vis du tourisme estival (ne pas baliser de nouveaux sentiers en zones vitales, en dévier certains ponctuellement) et hivernal (idem pour les cirquits en raquettes, empêcher le ski hors piste en zones d'hivernage des coqs - très localisées par ailleurs -) et la réduction des prélèvements par la chasse. J'insiste à nouveau sur le fait qu'une réduction de la pression pastorale serait très bénéfique en de nombreux endroits où les lisières sont broutées en permanence (pas de transition entre forêt et pelouse alpine). Donc pour moi le pastoralisme a des effets contrastés sur le milieu de cet oiseau ; il le favorise lorsqu'il est diffus, l'élimine lorsqu'il est trop intensif.
Pour en revenir aux propos de Louis, bien sûr que pour protéger efficacement une espèce il faut d'abord sauvegarder des habitats de bonne qualité. Ce qui n'empêche pas d'en protéger les individus en limitant les prélèvements : les deux vont de pair.
Il semble que la problématique du sous couvert non herbacé et sans aucune végétation soit lié à l'absence de gestion forestière ou plus exactement à une absence d'exploitation raisonnée. Plus le couvert est dense moins la végétation sous couvert ne se développe. D'où la perte d'habitats.
Quant aux actions coûteuses ce n'est pas tout à fait exact. Dans le cas dont le cite l'exemple, tout a été fait manuellement par des bénévoles pour en observer l'efficacité ou non. Et c'est efficace puisque le coq revient. Donc....
Dans ce genre de choses, il n'y a pas à réinventer la poudre. Il suffit de refaire ce que faisait les anciens locaux. C'est en ceci qu'il faut aussi protéger le patrimoine du savoir faire ancestrale.
il y a quelque temps j'ai entendu qu'une étude démontrait que la diminution des populations de tétras-lyre dans les Alpes était aussi dûe au fait (et de façon non négligeable) qu'il y a moins de troupeaux de moutons. En effet ces oiseaux trouvent dans les crottes de moutons des insectes dont ils sont friands.
Quelqu'un a-t-il des précisions à ce sujet et sait-on si le grand coq est lui aussi sensible à ceci ?
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Face à un problème complexe, il y a toujours une solution simple et... systématiquement fausse !