
Les parisiens du journal "Le Monde" semblent s'émouvoir du fait que deux comités des fêtes (Laruns et Bielle) cueillent des edelweiss par milliers :
Chaque été, des jeunes des villages de la vallée d'Ossau (Pyrénées-Atlantiques) montent, aux alentours du 15 août, vers les sommets pour cueillir des edelweiss. Par bassines entières. En 2004, les membres du comité municipal des fêtes de Bielle se sont vantés d'avoir ramené plus de 5 000 de ces fleurs qui poussent à plus de 2 000 m d'altitude. L'edelweiss, contrairement à l'ours qui rôde encore dans ces montagnes béarnaises, n'est pas strictement et partout protégé en France. Il appartient aux préfets d'en réglementer le statut dans chaque département. Dans les Hautes-Alpes, la cueillette est interdite depuis 1993 dans six communes et limitée à la contenance de "la main d'une personne adulte" sur le reste du territoire. Elle est tolérée jusqu'à dix fleurs dans les Alpes de Haute-Provence.
Au cœur de la zone centrale du Parc national des Pyrénées, les randonneurs qui voudraient imiter l'équipée des jeunes autochtones béarnais en ramenant ne serait-ce qu'une fleur en souvenir de leur excursion en vallée d'Ossau risquent néanmoins de se voir dresser un procès-verbal par les gardes du Parc. Le ramassage des végétaux, rares ou non, est totalement prohibé sur l'ensemble du territoire des parcs nationaux. Mais les autorités du Parc national des Pyrénées détournent pudiquement les yeux de ce braconnage floristique massif qui s'achève pourtant, au vu et au su de tous, par la vente des edelweiss aux touristes et aux habitants lors des fêtes de village.
"Traditionnellement, les jeunes conscrits de Laruns devaient offrir un edelweiss à leur promise", explique Marion Tarery, une étudiante en ethnologie de l'université Toulouse-Le Mirail qui a suivi les garçons du village dans leur expédition de cueillette. La légende pyrénéenne raconte que, dans la vallée voisine de Gavarnie, trois jeunes Aragonaises qui avaient refusé les avances fleuries de bergers ossalois ont été transformées en pierres. Fondateur du jardin botanique du Tourmalet, Serge Rieudebat regrette de voir cette tradition noyée dans le mercantilisme. "Les jeunes qui vont aujourd'hui cueillir les edelweiss ne connaissent plus la tradition, ils vendent les fleurs pour se faire de l'argent de poche et faire la fête", constate cet horticulteur professionnel et passionné. Il cultive lui-même les edelweiss qu'il vend, "environ 8 000 godets par an".
Stéphane Thépot
Source : LeMonde.fr
Je conçois que nous donnons peut-être le mauvais exemple et qu'il ne faut pas laisser des milliers de touristes raser la montagne de ses immortelles.
Mais, de grace, qu'on nous laisse perpétuer cette tradition, même si cela doit passer par une dérogation officielle. Et j'affirme que nous les cueillons depuis plus de 10 ans au même endroit et qu'il y en a toujours autant ou même plus chaque année.








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