Son livre sert de référence et il est régulièrement utilisé par des journalistes pour écrire un de ces articles qui plaisent à la fois aux Béarnais et aux touristes. C'est ce que vient de faire le journal Sud-Ouest (le 31 juillet 2008), journal pourtant sérieux, mais dont le journaliste, ou le pigiste (on ne sait pas, l'article n'est pas signé) doit avoir besoin de vacances. Son esprit critique ne doit pas être en éveil, parce que l'on retrouve dans l'article une énormité qui avait échappé à notre écrivain-historien d'Aas et qu'il reproduit sans se poser de question.
René Arripe raconte comment Jacques Orteig, suite à un pari, a tenté de joindre Pau et Paris en moins de 8 jours. Il écrit "en fait Jacques Orteig dépassera de quelques heures le huit jours prévus et tenez-vous bien, il avait parcouru les 812 kilomètres qui séparaient Pau de Paris en 94 heures ! Une moyenne horaire de plus de 8 km pendant presque cent heures ! Inouï !"
Tellement inouï - même si Orteig était un être extraordinaire - que c'est faux !
94 heures c'est presque 4 jours...et nous pas un peu plus de 8 jours comme il nous est dit juste avant ! Notre ami Arripe a tout simplement reproduit une faute de frappe qu'il n'a pas détectée dans le document d'archives qui l'a renseigné sur l'exploit d'Orteig. C'est 194 heures, soit 8 jours + 2 heures, et non pas 94 heures, le temps qu'a mis le héros pour faire Pau-Paris. Soit une moyenne (extraordinaire !) de 4,12 km/h, sommeil, nourriture, etc. compris. Essayez donc de tenir ce rythme pendant 8 jours.
Et le journaliste a reproduit l'erreur...
Conclusions : Lisez le livre d'Arripe ! Mais rappelez vos que les journalistes ne font que des articles de journalistes. Il leur manque trop souvent un peu de rigueur scientifique et de rigueur tout court.


