Beaucoup moins connu que le célèbre tour du JP, voici une randonnée réalisée en été, c'est-à-dire hors neige (je ne pense pas la tenter en présence de neige). Il s'agit du grand tour du Moule de Jaout dans je vous propose ici le premier topo (jamais vu dans la littérature à ce jour).
Me voilà donc vers 7 heures du matin, laissant ma voiture sur le petit parking de Castet, face à la cabine téléphonique. J'enfile les rues encore tranquilles du village (elles sont toujours tranquilles les rues de Castet) pour rejoindre la route qui permet d'accéder au Port de Castet. Premier grand virage je prends le sentier baliser qui grimpe au Port. Ambiance matinale, ombragée, et chants d'oiseaux.
Port de Castet: deux voitures sont là, et bien sûr les vaches & les chevaux. Ce n'est pas encore la foule. Il est encore trop tôt pour le touriste d'aôut. Par contre le soleil est là. Ca fait plaisir. Je traverse ensuite le Port pour rattraper la sente qui grimpe le long du Bois de Séquès.
Vers 9h15 je m'offre une petite pause à la Cabane de Couscouilha. Deux marmottes se lancent dans leur terrier. Curieuses, elles viendront m'observer par la suite (c'est la première fois que je voyais des marmottes ici). Je prends ensuite la direction du Vallon du Baylé, comme si je me rendais au [url=http://www.ossau.net/ossau/voirsujet_912.htm]Durban[/url], puis je prends plen sud, à travers bois (entre le Pic d'Angoustise et le Pène de Louste). On finit par trouver une sente à partir du moment où l'on comence à descendre sur les cabanes aux abords du Col de Jaout.
Je remonte ensuite légèrement en direction du col, en passant à proximité des cabanes. Quelques chiens aboient à mon passage, un petit salut à leurs propriétaires, une rasade d'eau, et je m'engage sous les flancs de la Montagne de Jaout pour passer sous le Soum d'Arriste et m'engouffrer dans le petit cirque de la Bouque de Hours. Plein ouest se dessine comme un petit col. D'un coup l'ascension, courte, se fait raide. J'atteinds la côte 1787. Pas loin de 12h, ce sera là lieu de ma pause-déjeuner, à califourchon sur la crête (ambiance minérale), comtemplant un paysage aperçu par les trouées dans la brume (Ger, Soulor...). Le sud du massif est en effet quasi totalement avalé par des nuages bas. Je suis bien content d'avoir porté un repas chaud, exposé ainsi au vent.
Après ce temps de restauration j'attaque la descente versant sud: raide, sur une coulée formée par de petits cailloux qui roulent les uns sur les autres, je me retrouve par moments à glisser sur les fesses (pas très académique, mais nettement plus sécurisant). Plein ouest, j'attaque ensuite à travers les éboulis pour déboucher sur un premier col et m'avancer jusqu'au Sommet de Castetch. Là encore je ne bénéficie que d'une vue partielle. Ceux qui ont déjà ascensionner le Moule de Jaout peuvent se l'imaginer.
Plus bas, dans l'espèce de fosse dans laquelle je dois descendre, j'aperçois une harde d'environ 80 isards. J'attrappe les jumelles et m'offre ainsi une bonne demie-heure d'observation: petits avec leurs mères, d'autres s'engageant dans leurs jeux, etc... Un pur délice... Mais l'heure avance (14h30) et il me reste encore du chemin à parcourir.
Dès que je m'engage dans la descente, les isards partent un peu dans toutes les directions, certains s'engagent par bons successifs sur les flancs du Jaout, d'autres prennent la direction opposée et vont vers le Lacarra. Arrivé en bas, une autre montée m'attend, encore plus raide que la précédente, et m'amène sous le Pic de Jaout. Je n'ai plus qu'à descendre sous les Crêtes du Coos, je récupère ensuite le GR du Tour de la Vallée d'Ossau et grimpe en direction du Col de Lallène. Il est dommage que je sois assujetti à ma voiture, car d'ici je serais bien descendu sur Béost, soir par la Crête de Gutteres, soit par le Col d'Agnures au sud du Pic de Coos. Avant de redescendre plein nord par le passage à l'est du Tousseau, je profite depuis le Pic de Coos d'une vue qui ne demeurera que partielle.
17h30 je rejoins la piste qui conduit au Port de Castet. J'ai les muscles durcis par cette assez longue marche, du coup je ralenti la cadence. Dernière halte au Port avant de redesendre sur Castet. Je retrouve la voiture peu avant 19 heures, ivre de ce circuit assez long...
Mis à part les deux bergers croisés aux abords du Col de Jaout, je n'ai croisé personne durant tout ce périple, et ce en pleine saison touristique (sauf au Port de Castet à mon retour). Il est vrai que le parcours est long et plutôt physique (les montées sont raides). Mais je le conseille à tous ceux qui ne craignent pas l'effort, et qui sont en recherche de lieux plutôt isolés.









