tiboux a écrit:il me semble avoir reconnu Raymond Orteig dans la séquence d'essai à Pau.
Moi je trouve qu'à l'époque ils se ressemblaient tous avec leur moustache. Tu es excusables Tiboux
Modérateurs: chris2so, Ossau.net
tiboux a écrit:il me semble avoir reconnu Raymond Orteig dans la séquence d'essai à Pau.



Orteig, bienfaiteur d'Ossau:Thomas Longué
Grâce à internet et à la curiosité d'un Ossalois d'origine -Alain Lalanne - voici, tiré de l'oubli dans son propre pays, un personnage qui portait beau sous son panama : Raymond Orteig (1870-1939), né à Louvie-Juzon.
En attachant son nom, en 1919, au prix qu'il promit au premier aviateur allié qui relierait Paris à New York dans quelque sens que ce fût, l'homme n'imaginait certainement pas le placement en or qu'il faisait pour sa gloire. Lui, le petit berger parti à 12 ans pour les Amériques?
Huit ans plus tard, le 16 juin 1927, c'est un bonhomme aux anges qui serre la main au héros que célèbre alors le monde entier : Charles Lindbergh vient de réaliser l'exploit le plus sensationnel de l'histoire de l'aviation. Il a triomphé de l'Atlantique ! Avec Lindbergh s'ouvre l'ère des vols intercontinentaux et se clôt à jamais l'épopée des pionniers.
Épopée à laquelle le ciel de Pau a pris toute sa part. Mais si le ciel est de Pau, la terre de la lande du Pont-Long est d'Ossau? Cette terre que les premiers aéroplanes ont labourée, dès 1909, avec les frères Wright pour précurseurs. Le berceau de l'aviation ? Ce serait trop dire, car celle-ci n'en est déjà plus à ses balbutiements.
Sur fond de rivalité entre la France et l'Amérique, l'avion portait alors les rêves. Alors quoi de moins étonnant qu'un petit Ossalois devenu américain, riche, respecté, les ait enfourchés ? Quand bien même était-ce par la procuration de son carnet de chèques, Raymond Orteig se voulait acteur de cette aventure moderne. Il le fut.
Millionnaire. Car vingt ans après son arrivée à New York, Raymond Orteig est millionnaire. À la tête des hôtels Brevoort et Lafayette de Greenwich Village, il déploie le grand luxe à Manhattan. L'excellence de sa table, très française, fait s'y retrouver le gratin de la société américaine, et les notabilités européennes de passage. Des stars : Hemingway, Dos Passos, Man Ray. Au Lafayette, le marbre est d'Ossau. Comme l'est du reste le hall d'entrée de l'Empire State Building de New-York.
Sans doute, nul de ces fils et petits-fils américains de bergers de Laruns et de tailleurs de pierre d'Arudy, dont Alain Lalanne nous livre quelques portraits bien sentis, n'eût été en situation de tresser sur sa tête les lauriers d'un Lindbergh. Ils trouveront leur place, modeste le plus souvent, avec ni plus ni moins de mérite que les autres émigrés débarqués de la terre entière.
Sur la photo officielle de la remise du chèque (25 000 euros), le bon Orteig rend plus d'une tête à l'immense carcasse du héros que célèbre alors la planète. Hélas ! Orteig ne convaincra pas Lindbergh de venir à Pau. Aussi bien, la capitale du Béarn gardait le frais souvenir d'une colonie américaine très argentée. Son école de pilotage y avait vu, pendant la Grande Guerre, la lignée des jeunes pilotes américains de l'escadrille La Fayette. Pau conserve vivace le souvenir de l'un d'entre eux : Norman Prince.
Généreux au pays. Sujet américain, Raymond Orteig n'en reste pas moins ossalois. « Notable satisfait », note Alain Lalanne, il revient chaque année dans la maison natale, à Louvie-Juzon. Le pays n'a pas à se plaindre de sa pingrerie, ah ! Ça non ! Son père lui doit d'avoir le plus gros troupeau de brebis du village. Le 5 août 1925, Raymond Orteig offre 600 francs pour une plaque commémorative en marbre noir d'Ossau où seront gravés les noms des chanteurs des Montagnards tombés au combat.
Généreux, Raymond l'est « sans ostentation ». Avec la caisse des Montagnards, qui plus qu'un groupe de chant, souligne Alain Lalanne, est « une amicale laïque (ayant) la charge de la préparation militaire ». Il donne encore à l'école de garçons, comme l'école de filles.
L'autre Orteig. La vallée d'Ossau gardait jusqu'alors la mémoire d'un montagnard phénomène, Jacques Orteig, « l'Animal » des Eaux-Bonnes. Ce n'est donc pas sur les pas de cet Orteig-là, connu grâce à la jolie biographie de René Arripe, que nous entraîne Alain Lalanne. Au vrai, jusqu'en 2004, l'auteur de sa biographie a ignoré jusqu'à l'existence du créateur du prix Raymond-Orteig. Qu'un célèbre moteur de recherche sur internet lui a mentionné 7 640 fois, mais guère que 224 sur les seuls sites français?
« L'Oiseau bleu » Ce n'est pas son propos, mais en ces temps d'antiaméricanisme forcené, l'ouvrage d'Alain Lalanne donne à comprendre que la rivalité entre les deux pays était alors exclusivement sportive.Sans doute, le c?ur de Raymond Orteig vibrait-il un peu plus fort pour les pilotes français. Mais sur le cliché qui les représente tous deux, c'est un regard émerveillé d'enfant qui fixe celui de Charles Lindbergh.
Et pourtant. Deux semaines à peine avant l'exploit du « Spirit of Saint-Louis » (qu'équipait un moteur Wright !), la tragédie de Nungesser et Coli avait endeuillé cette course à la gloire. Leur avion, « l'Oiseau Bleu », parti du Bourget, s'était abîmé en mer au large de Terre Neuve.
Pour aussi surprenant que cela puisse paraître, il se chante encore, en Ossau et au moins en val d'Azun (Arrens) pour ce qui est des Hautes-Pyrénées, la chanson de « L'Oiseau Bleu ». Sauf qu'elle tait le drame pour ne retenir que leur courage et glorifier, contre les faits, le succès de Nungesser et Coli : « Deux aviateurs confiants dans leur projet ont franchi l'Atlantique? »
Il aura fallu attendre Alain Lalanne pour honorer de la plume le petit ossalois devenu bienfaiteur de la conquête du ciel? Raymond Orteig s'est éteint le 6 juin 1939 à New-York, après une longue maladie.





Retourner vers HISTOIRE - ANECDOTES
Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités