Alain Lalanne Grand ossalois


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Posté le: Lun 14 Aoû 2006 13:38 Sujet du message: passeurs clandestins en Espagne 1939-1945 |
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Pendant la guerre 1939-1945, en Ossau comme en Aspe, des passeurs clandestins ont risqué leur vie pour en sauver d'autres.
Le chantier de construction du barrage de Fabrèges auquel fait allusion l'article de Sud-Ouest ci-dessous, servait de relais à ceux qui s'y faisaient embaucher pour un ou quelques jours avant de passer la frontière, aidés par des Ossalois. Ils aidaient ceux qui arrivaient en train jusqu'à Buzy à passer en Espagne, étape pour rejoindre l'Angleterre, l'Algérie ou New York. Certains, dénoncés, ont été torturés par la Gestapo.
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ARUDY. --Plus de soixante ans après l'aide précieuse qu'il a apporté aux évadés et résistants pendant la Seconde Guerre mondiale, René Haure a accepté d'être décoré hier de l'ordre national du Mérite
Un passeur très discret:Lise Barcellini
René Haure.L'ancien passeur a reçu hier l'ordre national du Mérite à la mairie d'Arudy, entouré par sa famille et ses amis proches.
« Combien de vies avez-vous sauvées ? Vous ne le savez sans doute pas. » C'est avec beaucoup d'émotion que Gérard Cambot reçoit René Haure en sa mairie pour que lui soit remise l'ordre national du Mérite. Son mérite : avoir été l'un des passeurs pyrénéens pendant la Seconde Guerre mondiale.
« Les circonstances ont fait que j'ai aidé de futurs combattants à franchir la frontière par les montagnes de la vallée d'Ossau, ainsi que des Français et des étrangers dont le besoin vital était de fuir l'Europe envahie », raconte l'ancien passeur.
En mars 1943, René Haure a 17 ans. Il est donc trop jeune pour être envoyé en Allemagne dans le cadre du STO (Service du travail obligatoire). « Je travaillais au barrage de Fabrèges, ce qui me facilitait la tâche pour surveiller les patrouilles allemandes », explique-t-il. Il aidait ceux qui voulaient s'évader, procuraient de la nourriture et des munitions aux résistants.
Nuits clandestines. « J'ai vécu les durs moments de la montagne enneigée, les grandes peurs des patrouilles allemandes et de leurs chiens et aussi les grandes joies du travail accompli, lorsque nos voyages pouvaient enfin sourire, en se retrouvant en Espagne. Alors, brisés de fatigue, nous redescendions vers les chantiers de Fabrèges, pour effectuer, sans rien laisser paraître, notre journée de travail. »
Il a effectué « une vingtaine de voyages vers l'Espagne », indique Eugène Gil, président de la section des évadés de France d'Oloron. En les faisant passer « par groupe de deux, de quatre, de six », se souvient l'ancien guide clandestin. « Soit seul, soit avec mon frère Jojo et deux amis de Laruns : Pierre Vignon et Joseph Sanchette. » « Et toujours gratuitement », précise-t-il à plusieurs reprises.
Hier à Arudy, à ses côtés lors de la cérémonie, trois évadés : Eugène Gil, Pierre Mirassou et Pierre Bétran. « Ils représentent ceux qui ont continué leur route derrière la frontière, tous ceux à qui je disais là-haut : « Au revoir et bonne chance ! », explique-t-il.
Plus de 60 ans après. René Haure a longtemps hésité avant d'accepter la décoration. « Je n'ai jamais rien demandé. Ce sont mes amis qui m'ont poussé. » Au premier rang desquels : le sénateur Auguste Cazalet.
Son frère est décédé il y a deux ans, sans avoir été honoré pour ses actes clandestins. Alors c'est aussi pour son frère qu'il a reçu cette médaille. Que représente-t-elle pour lui ? « Un honneur. C'est tout. »
Humble et discret, René Haure refuse qu'on en rajoute. A 81 ans, il a gardé la discrétion qui lui a permis de remplir sa mission de passeur sans être arrêté. |
_________________ Alain
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