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chris2so Administrateur


Inscrit le: 13 Mai 2003 Messages: 1184 Localisation: Chapelle de Rousse
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Posté le: Mar 23 Nov 2004 22:17 Sujet du message: Biodiversité & pastoralisme |
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L'activité pastorale de montagne est confrontée à de nombreuses dificultés qui finissent par engendrer son déclin. Au jour d'aujourd'hui on compte 6018 exploitations sur l'ensemble du massif. Le n°15 d'Empreintes (revue du PNPO, téléchargeable) en fait le constat & analyse les conséquences d'un tel déclin au regard de l'écologie de montagne.
Des milieux, jusque là voués à l'accueil des troupeaux, sont abandonnés. C'est le cas en grande partie des zones intermédiaires, & des terrains pentus.
Selon le PNPO il faut lutter contre la fermeture de ces mileus pour préserver la variété des paysages, de la faune & de la flore. Les pelouses, au fil du temps, redeviennent forêts, conduisant à un appauvrissement de la biodiversité. Ainsi certains habitats naturels pour la faune & la flore sont menacés.
Les risques: la disparition de certaines espèces comme le Circaète Jean-le-Blanc (un rapace qui dépens des milieux herbacés) ou l'Aster des Pyrénées (une espèce végétale qui a besoin de milieux ouverts).
Selon certains le cri d'alarme est sérieux & ils préconisent le maintien absolu d'une activité pastorale qui soit viable pour celui qui l'exerce. La montagne a aussi besoin de bergers. _________________ @ + chris2so
Sous Etch |
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pehache Grand ossalois

Inscrit le: 02 Nov 2004 Messages: 336 Localisation: Pau
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Posté le: Lun 13 Déc 2004 10:56 Sujet du message: |
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Oui, certes, quand un milieu a été façonné par l'homme depuis des générations, son abandon à lui-même peut entrainer des bouleversements écologiques. Cela dit:
Les prairies d'altitude des Pyrénées sont-elles toutes le résultat du pastoralisme ? N'y-a-t'il pas des prairies naturelles, qui le resteraient même en l'absence de troupeaux ? (c'est une vraie question, je n'en sais rien).
Ces changements entraineraient-ils nécessairement un appauvrissement de la biodiversité ? Certaines espèces régresseraient sans doute, mais on peut aussi raisonnablement supposer que d'autres se développeraient, plus adaptées au nouveau biotope. Au final, match nul pour la biodiversité.
Je ne suis pas contre le pastoralisme de montagne, mais le justifier par l'entretien du milieu naturel me semble assez discutable. |
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romuald Touriste

Inscrit le: 16 Fév 2005 Messages: 5 Localisation: cerdagne
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Posté le: Mer 16 Fév 2005 12:38 Sujet du message: |
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Une étude sur 6000ans de pastoralisme et l'impact de l'homme sur la montagne devrait t'interesser (la montagne d'Enveitg - Christine Rendu).
En suivant ton raisonnement, on arrête toute activité de l'homme sur les montagnes. quelle économie de substitution tu propose?
Un nouvel exode rural?
Le pastoralisme est au carrefour de l'économie de montagne: agriculture et tourisme (entretien de l'espace). _________________ GRoaarf!! |
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pehache Grand ossalois

Inscrit le: 02 Nov 2004 Messages: 336 Localisation: Pau
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Posté le: Mer 16 Fév 2005 12:56 Sujet du message: |
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| romuald a écrit: | En suivant ton raisonnement, on arrête toute activité de l'homme sur les montagnes. quelle économie de substitution tu propose?
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J'ai dit ça, moi ?
| romuald a écrit: |
Un nouvel exode rural?
Le pastoralisme est au carrefour de l'économie de montagne: agriculture et tourisme (entretien de l'espace). |
Combien de gens vivent du pastoralisme en montagne ?
Quant à l'exode rural ce n'est pas un risque mais une réalité depuis longtemps déjà.
De toutes façons ça ne change rien à ce que j'ai dit. On peut vouloir maintenir le pastoralisme pour des raisons diverses, mais l'entretien des milieux naturels n'en est pas une bonne (de raison). En l'absence d'intervention humaine, les milieux naturels trouvent leur équilibre. Si il n'y avait plus de pastoralisme, le visage de la montagne serait différent (enore que tout dépend de l'altitude: les prairies sont naturelles au delà d'un certain niveau, pastoralisme ou pas), mais de là à dire que ce serait mieux ou moins bien, il y a un pas que je ne franchis pas. |
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louis Jurat d'Ossau

Inscrit le: 20 Mar 2003 Messages: 2659 Localisation: Tarbes
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Posté le: Mer 16 Fév 2005 14:40 Sujet du message: |
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Suite aux études menées dans le Cadre de Natura 2000 dans les Hautes-Pyrénées, il semble assez claire que toutes les estives même les plus hautes disparaitraient sous une végétation de ligneux divers (Rodho, genévriers, etc..) et donc pas nécessairement des forêts avec des arbres comme on a l'habitude de l'entendre.
L'impacte sur la faune et son évolution serait irrémédiable et entrainerait des disparitions. C'est la cas du Gypa et quelques autres rapaces qui ont besoin d'espaces ouverts (pas tous). Mais à côté c'est aussi le cas d'une grande variété de flore (la disparition des prairies de fauche ont déjà fait disparaitre certaines espèces) et d'insectes.
Il est aussi reconnu que la biodiversite sous couvert est moins riche qu'en espace ouvert.
Dans le cadre des documents d'objectifs Natura 2000, la sauvegarde ou la remise en exploitation d'estives comme en Catalogne nord sont prévues soit en défrichant par écobuage soit par des moyens mécaniques avec un retour du pastoralisme ou son accroissement en facilitant la présence de bergers par la construction ou reconstruction de cabanes, abris et cabanes intermédiaires.
Hors Natura 2000, je signale l'exemple d'un début de défrichage manuel sur le plateau de Lhers (Aspe) en amont du gîte sur le GR10 (croisement de la piste montant à la cabane de Caillaou)
Tout ceci se fait dans la concertation entre les opérateurs, les services de l'état (dont DIREN et DDA et PNP selon les lieux) et les groupements pastoraux. Je n'ai jamais vu d'associations naturalistes participer à ces travaux malgré l'invitation qu'ils reçoivent au même titre que les autres.
Nous voyons donc que sur le terrain, avec des personens responsables, nous sommes assez loin des propos extrêmistes de Pehache qui ressemblent étrangement à ceux qui étaient il y a quelques années sur le site Web d'ARTUS et qui, en résumé disait qu'il fallait interdir le pastoralisme et "détruire les cabanes". Mais ce sont des positions, qui, aujourd'hui, sont tellement marginales qu'elles ne présentent aucun intérêt.
Pour le reste, je suis bien d'accord avec Romuald _________________ Louis DOLLO
Le monde des Pyrénées |
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pehache Grand ossalois

Inscrit le: 02 Nov 2004 Messages: 336 Localisation: Pau
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Posté le: Mer 16 Fév 2005 15:18 Sujet du message: y'en a marre |
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| louis a écrit: | Nous voyons donc que sur le terrain, avec des personens responsables, nous sommes assez loin des propos extrêmistes de Pehache qui ressemblent étrangement à ceux qui étaient il y a quelques années sur le site Web d'ARTUS et qui, en résumé disait qu'il fallait interdir le pastoralisme et "détruire les cabanes". Mais ce sont des positions, qui, aujourd'hui, sont tellement marginales qu'elles ne présentent aucun intérêt.
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Louis, je voulais répondre normalement à ton message, mais ton dernier paragraphe est intolérable! Je ne vois pas comment on peut avoir un débat courtois avec toi alors que tu passes ton temps à déformer les propos de tes interlocuteurs et à leur faire des procès d'intention. Ta technique de discussion -ta rhétorique comme disait Alain- est parfaite pour pourrir l'ambiance d'un forum.
Alors tu vas me dire où j'ai dit que j'envisageais d'interdire le pastoralisme et de détruire les cabanes, en quoi mes propos sont extrémistes, et en quoi ils ressemblent à ceux qui étaient sur le site de ARTUS (propos qui n'émanaient d'ailleurs pas de ARTUS). Alors Louis, où ???
Dernière édition par pehache le Mer 16 Fév 2005 15:52; édité 1 fois |
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pehache Grand ossalois

Inscrit le: 02 Nov 2004 Messages: 336 Localisation: Pau
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Posté le: Mer 16 Fév 2005 15:38 Sujet du message: |
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| louis a écrit: |
Il est aussi reconnu que la biodiversite sous couvert est moins riche qu'en espace ouvert.
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Sur Terre, les milieux les plus riches en biodiversité sont les forêts tropicales, càd des milieux couverts. Je sais bien que la forêt pyrénéenne n'a pas grand-chose à voir avec la forêt tropicale, mais ça montre bien que ce "il est reconnu que" est largement abusif... |
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lou petit Touriste intéressé

Inscrit le: 22 Jan 2005 Messages: 15
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Posté le: Mer 16 Fév 2005 16:02 Sujet du message: sujet litigieux? |
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Je viens de relire les différentes interventions et je trouve que les propos de pehace ont été très mal interprété et encore plus mal jugés. De ce que j'en ai lu, il ne me semble pas qu'il fasse l'éloge de l'arrêt du pastoralisme. Il donne juste son avis sur la non-causalité entre pastoralisme et entretien du milieu naturel.
C'est son jugement et même si je ne le partage pas, il ne me semble pas qu'il soit anti-pastoraliste.
Alors pour avoir un débat intéréssant, ce serait cool de cesser ces interprétations érronées. Il est tout aussi inutile d'employer des termes tels que "extrêmiste". Ce mot est à la mode, il est chargé du point de vue de sons sens mais il ne convient pas de l'utiliser ici
Ceci étant dit, je pense que le pastoralisme est la sauvegarde principale du milieu naturel montagnard.
En effet, qui mieux que ces personnes peuvent témoigner du changement continue de la flore et faune?
De plus, le jour où cette activité montagnarde sera morte, qui entretiendra ce milieu?
Les gérants du tunel du somport?
Les compagnies touristiques pour qui seul le nombre croissant de touristes urbains (piétinants les sentiers d'ossau et arrachants des plantes préservées pour les encadrer dans leurs toilettes parisiennes) compte?
Bon, pour l'exemple du touriste, c'est un peu exagéré, mais sérieusement, je crains que sans les gardes-fous du milieu pastoral, le milieu naturel risque gros
Adishatz,
lo petit |
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nathalie Grand ossalois

Inscrit le: 18 Jan 2005 Messages: 257
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Posté le: Mer 16 Fév 2005 16:44 Sujet du message: |
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Chris2so a dit :
"La montagne a aussi besoin de bergers".
C'est la montagne à laquelle nous tenons. C'est notre univers. Nos montagnes auraient un visage bien différent sans le pastoralisme. Je me sens même attaché au pastoralisme particulier des vallées du Haut Béarn. Il y a ici une âme spéciale qu'on ne trouve nulle part ailleurs que même dans le reste des Pyrénées.
Je dirai plutôt que nous avons besoin des bergers, nous sommes attachés à une montagne pastorale, au fromage fabriqué par les bergers, aux sentiers qui nous ouvrent la montagne et qui n'existeraient pas sans l'activité humaine.
Péhache a dit :
"Je ne suis pas contre le pastoralisme de montagne, mais le justifier par l'entretien du milieu naturel me semble assez discutable".
Je suis d'accord avec le point de vue de Péhache. C'est la même chose quand les gens de l'ONF vous disent que sans leur entretien une forêt dégénère. La forêt n'a pas eu besoin d'eux pour exister, elle se régénère toute seule.
Si le pastoralisme disparaissait la montagne trouverait un nouvel équilibre. On le remarque déjà quand on voit des pâturages d'altitude se reboiser. Le fond du Soussouéou où poussent maintenant partout des Pins à crochets est aussi beau qu'avant et sans doute aussi riche au niveau écologique, mais je ne peux pas m'empêcher d'être triste en pensant aux bergers qu'il y avait avant.
S'il est important de maintenir le pastoralisme c'est parce que des gens en vivent et que leur façon d'utiliser l'espace me convient mieux que les aménagements touristiques. Maintenir des ruraux dans les vallées ça permet de garder une vie dans les villages qui deviendraient autrement des villages de résidences secondaires. L'importance des bergers est avant tout économique et humaine.
Il faut savoir quand même que notre paysage et les espèces qui se sont développées consitituent un écosystème lié au pastoralisme, tellement lié que nous ne savons pas vraiment comment seraient nos montagnes sans l'activité humaine (au moins en moyenne et basse montagne).
Certaines espèces comme de nombreuses orchidées liées au paysages ouverts ont trouvé un milieu favorable dans les prairies crées par l'homme. Quand les troupeaux ont disparu, la forêt de Chênes pédonculés a retrouvé son ancienne place. Les orchidées qui ne supportaient pas l'ombre ont disparu et ne trouveront pas d'autres espaces alors que l'écosystème normal est la forêt de Chênes pédonculés. Les milieux se sont uniformisés.
Le cas particulier aussi de l'Erodium manescavi une plante qui ressemble un peu à un géranium qui ne pousse au monde que de la haute Soule à l'ouest jusqu'à vers Arrens et Cauterets à l'est. Elle pourrait être l'emblème de la vallée d'Ossau parce que son milieu de prédilection, l'endroit où on en trouve le plus, se trouve dans les prairies autour de Bilhères. Cette plante est complètement inféodée au pastoralisme. Elle ne trouve un milieu favorable que dans les prairies de fauche et les pâturages de la moyenne montagne (ses feuilles en rosette lui permettent d'échapper à la faux). Si les hautes herbes ne sont pas coupées depuis longtemps, elle ne subsiste qu'en bord de pré, quand les ronces et la forêt arrivent elle a disparu depuis longtemps. Pas d'échapatoire vers le haut, elle ne supporte pas la haute altitude. On peut en voir jusqu'à Bious Artigues mais là encore sans les troupeaux ce serait de la forêt.
Petit bémol donc au point de vue de Péhache, on peut quand même dire que avec la disparition du pastoralisme on a un appauvrissement écologique (en terme de diversité).
Quand Lou Petit dit :
"je crains que sans les gardes-fous du milieu pastoral, le milieu naturel risque gros"
je trouve ça tout à fait excessif. |
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pehache Grand ossalois

Inscrit le: 02 Nov 2004 Messages: 336 Localisation: Pau
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Posté le: Mer 16 Fév 2005 17:10 Sujet du message: |
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| nathalie a écrit: |
Je suis d'accord avec le point de vue de Péhache. C'est la même chose quand les gens de l'ONF vous disent que sans leur entretien une forêt dégénère. La forêt n'a pas eu besoin d'eux pour exister, elle se régénère toute seule.
Si le pastoralisme disparaissait la montagne trouverait un nouvel équilibre. On le remarque déjà quand on voit des pâturages d'altitude se reboiser. Le fond du Soussouéou où poussent maintenant partout des Pins à crochets est aussi beau qu'avant et sans doute aussi riche au niveau écologique, mais je ne peux pas m'empêcher d'être triste en pensant aux bergers qu'il y avait avant.
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La maison familiale de mon père est dans un village du Jura. Quand on va se promener dans la montagne au-dessus du village (basse montagne, ça culmine à 1300m) on trouve le long des chemins de nombreuses ruines (sopuvent juste un tas de cailloux moussus). Ce sont d'anciennes fermes, des gens qui vivaient là toute l'année. Enfant, mon père allait souvent garder les vaches et les chèvres dans la montagne, il y avait de nombreuses prairies. C'était avant la 2ème guerre. Aujourd'hui à ces endroits il n'y a plus que de la forêt. Moi ça ne me choque pas, je n'ai jamais connu autre chose. Pour moi ce coin-là est associé à la forêt, point. Pour mon père c'est différent, bien sûr. Il y a ses souvenirs, et il a vu le changement. Toutefois je n'ai pas l'impression qu'il regrette, il constate le changement c'est tout. Au delà du romantisme d'emmener les bêtes au pâturage, il se rappelle aussi que cette vie était extrêmement dure. |
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louis Jurat d'Ossau

Inscrit le: 20 Mar 2003 Messages: 2659 Localisation: Tarbes
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Posté le: Mer 16 Fév 2005 19:02 Sujet du message: |
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Péhache écrit :
| Citation: | | ...mais ça montre bien que ce "il est reconnu que" est largement abusif... |
Je parlais évidemment des Pyrénées et non des forêts tropicales. Lorsque je dis "il est reconnu que" c'est parceque c'est marqué et expliqué noir sur blanc dans de nombreux DOCOB de Natura 2000 dont l'objectif est la protection des habitats des espéces végétales et animales.
Si ces documents ne sont pas reconnus (je crois que c'est le cas en Béarn d'ailleurs), je comprends qu'on pense le contraire.
Lorsque Péhache dit :
| Citation: | La maison familiale de mon père est dans un village du Jura. Quand on va se promener dans la montagne au-dessus du village (basse montagne, ça [...]
Toutefois je n'ai pas l'impression qu'il regrette, il constate le changement c'est tout. Au delà du romantisme d'emmener les bêtes au pâturage, il se rappelle aussi que cette vie était extrêmement dure. |
Je partage tout à fait cette analyse. C'est aussi ce que je ressens avec peut être une plus forte nostalgie qui fait que parfois je préfére ne pas en parler ou pire ne plus y retourner.
J'évoquais certains de ces lieux sur un autre sujet du forum. C'était dur à 12-13 ans de partir seul à 6h du matin avec 5-6 kg de sel à 3h de marche du village pour regrouper les vaches, donner le sel et redescendre quand c'était terminé. Mais nous étions heureux du moins je n'ai aucun souvenir de moment malheureux.
Mais c'est trés subjectif et les sentiments peuvent être différent d'une personne à l'autre.
Péhache a dit :
| Citation: | | "Je ne suis pas contre le pastoralisme de montagne, mais le justifier par l'entretien du milieu naturel me semble assez discutable". |
Et Nathalie réponds :
| Citation: | | Si le pastoralisme disparaissait la montagne trouverait un nouvel équilibre | .
Je suis bien d'accord Nathalie. La montagne retrouverait un nouvel équilibre. Mais la problématique aujourd'hui, que j'ai en tête et que je n'ai pas du tout expliqué dans mes propos précédents, est la protection d'espèces (végétales et animales) bien souvent emblématiques ou endémiques. leur protection et leur sauvegarde passe par le pastoralisme, ce qui, à l'avenir, le justifie. C'est peut être critiquable, je ne le conteste pas. Mais le fait est là au point même que déjà éleveurs et agricuylteurs touchent une prime pour l'entretine des paysages même s'ils ne font rien de spécifique, c'est leur seule rpésence qui le justifie.
Sur certains quartiers d'estives du 65, le manque de troupeaux va conduire à envisager de payer la fauche de certaines anciennes prairies de fauche comme à Frédencon (vallée d'Aure) ou sur Coumély (Pays Toy) en passant des conventiosn avec le spropriétaires parfois des résidents secondaires.
Vaut-il mieux payer des fauicheurs ou y mettre des troupeaux (le resultat n'est pas toujours le même). Mais à long terme, il me semble (sans m'engager) que l'éleveur/berger ne sera pas qu'un éleveur mais aussi un "gardien" du milieu en charge de l'entretenir pour éviter les grosses évolutions suggéréres par Nathalie ou Péhache et éviter de perdre un patrimoine floristique ou animal. _________________ Louis DOLLO
Le monde des Pyrénées |
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lou petit Touriste intéressé

Inscrit le: 22 Jan 2005 Messages: 15
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Posté le: Sam 19 Fév 2005 16:13 Sujet du message: lou petit |
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J'accepte la qualification donnée à mes propos (excessifs) mais je pense qu'affirmer ceci:
"La nature retrouvera quand même un équilibre naturel le jour où le pastoralisme disparaitra" est tout aussi excessif.
Petit exercice de SVT:
Cas n°1:
Le berger a des moutons. (jusque là tout va bien)
Les moutons broutent les paturages qui se situent en bordure d'un bois ou d'une fôret
Cas n°2:
Pas de bergers, pas de moutons.
Herbe non broutée.
Imaginons dans les deux cas, un malheureux touriste traversant cette clairière et ayant écrasé sa cigarette sans l'avoir bien étouffée. Ceci produit un feux.
Dans quel cas est-ce que la vitesse de propagation du feux et l'embrasement de la fôret envirronante sont-ils les plus rapides?
"Sans ces gardes-feux que sont les bergers, la nature risque gros!"
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PAPPOLA Ossalois

Inscrit le: 14 Déc 2004 Messages: 127
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Posté le: Sam 19 Fév 2005 16:38 Sujet du message: Oui mais ... |
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C'est vrai, mais n'oublions pas non plus les incendies dûs à des écobuages qui dérapent (donc au pastoralisme). Ca existe aussi et ça semble (peut-être) de plus en plus fréquent (perte de savoir faire ou sécheresse nouvelle dûe à l'effet de serre ?).
Quand aux milieux ouverts, certains (pas tous) savent très bien se maintenir ouverts tous seuls si on les laisse faire (ne serait-ce qu'avec des incendies naturels dûs par exemple à la foudre). Le problème c'est qu'on ne laisse pas faire et que donc, effectivement, le pastoralisme favorise la biodiversité. C'est indiscutable. Et je suis pour ! (en fait, c'est quasiment un choix politique voire philosophique...).
Il existe néanmoins des milieux ouverts non liés au pastoralisme mais dûs à la température (froide!) et au vent (fort!) donc défavorable aux arbres. Ils sont plutôt situés en altitude.
Par aillleurs si le climat continue de se dérégler (donc si on continue à ignorer ce qui disents les écolos depuis au moins 30 ans*...) de nombreuses zones forestières (atlantiques notamment) risquent de perdre leurs arbres et de devenir des prairies ou des pelouses (notamment si les incendies liés à la sécheresse, mais surtout les tempêtes d'envergure comme les ouragans Lothar de 1999-2000) se répètent.
*Si on avait écouté l'agronome écologiste René Dumont en 1974, on en serait pas là en terme d'émission de CO2 donc de dérèglement du climat... mais il est de bon ton de frapper sur les écolos plutot que de tendre l'oreille pour écouter un minimum... |
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louis Jurat d'Ossau

Inscrit le: 20 Mar 2003 Messages: 2659 Localisation: Tarbes
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Posté le: Dim 20 Fév 2005 10:27 Sujet du message: |
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| Citation: | | Quand aux milieux ouverts, certains (pas tous) savent très bien se maintenir ouverts tous seuls si on les laisse faire (ne serait-ce qu'avec des incendies naturels dûs par exemple à la foudre). |
Restons dans les Pyrénées et plus précisément en Ossau.
Les feux de forêts par la foudre c'est quand même rare.
Quelqu'in opeut en citer ses 10 dernières années ?
| Citation: | | C'est vrai, mais n'oublions pas non plus les incendies dûs à des écobuages qui dérapent (donc au pastoralisme). Ca existe aussi et ça semble (peut-être) de plus en plus fréquent (perte de savoir faire ou sécheresse nouvelle dûe à l'effet de serre ?). |
Les dérapages sont multiples : trop de végétation à bruler car pas assez broutée ou fauchée, emprise forestiére, habitat humain envahi par les bois, accessibilité à certains chemins impossible (pas assez de passage de troupeaux), manque de personnels et d eleur disponibilité au bon moment, exigences administratives inadaptées, etc...
Je crois que je donne quelques motifs depuis ce dossier (incomplet, tout n'est pas en ligne) : http://www.pyrenees-pireneus.com/ecobuage.htm
| Citation: | | Il existe néanmoins des milieux ouverts non liés au pastoralisme mais dûs à la température (froide!) et au vent (fort!) donc défavorable aux arbres. Ils sont plutôt situés en altitude. |
Ceux-là sont rarement écobués. L'envahissement se fait surtout par des ligneux qui peuvent s'écobuer par touffe sans toucher aux herbes et autrres broussailles en générale inexistante. Ce genre de feu encestraux servait à faire ressortir les bois de ces brousailles qui étaient apr la suite ramassées et amenées à la cabane pour faire du feu.
Il ne faut pas mélanger les diversese pratique de feux pastoraux.
On mettait aussi le feu à ces toyffes de genévrier pour faire peur à l'ours la nuit. Une rpatyique qui avait été reprise l'an dernier sur les crêtes en pays Toy pour écarter Papillon des habitations.
| Citation: | | Si on avait écouté l'agronome écologiste René Dumont en 1974, on en serait pas là en terme d'émission de CO2 donc de dérèglement du climat... mais il est de bon ton de frapper sur les écolos plutot que de tendre l'oreille pour écouter un minimum... |
Tu crois que les amérciains les indiens et autres populations du monde le connaissait au point de l'entendre ?
Aujourd'hui, combien de français le connaissent et savent ce qu'il a dit ou écrit ?
Pour moi René Dumont fut un passage et personne aujourd'hui ne se référe à ce qu'il a dit ou écrit. C'est peut être regrettable mais c'est ainsi. Peut être parceque ses propos, aussi respectables soient-ils, sont tout à fait inadaptés à la vision de la majorité de personnes en relation avec l'écologie et l'environnement. En 30 ans, le monde à changer à commencer par la prise de conscience et la technicité. _________________ Louis DOLLO
Le monde des Pyrénées |
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Invité
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Posté le: Dim 20 Fév 2005 11:42 Sujet du message: |
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Louis, n'es-tu pas écologiste à ta façon? Tu es réputé pour ton travail de qualité concernant l'approche du milieu montagnard. Nous savons tous que tu guides des touristes à travers la nature pour leur faire découvrir le milieu montagnard et ses richesses. Des amis m'ont parlé de toi ainsi. Tu leur expliques la faune et la flore et les incites ainsi au plus grand respect de l'environnement. Nous sommes donc tous ici défenseurs de cette biodiversité et finalement des écolos Non? |
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louis Jurat d'Ossau

Inscrit le: 20 Mar 2003 Messages: 2659 Localisation: Tarbes
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Posté le: Dim 20 Fév 2005 12:00 Sujet du message: |
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Non.
Je refuse le qualificatif d'écolo qui est péjoratif pour beaucoup de monde.
Je suis un protecteur de la nature à ma manière je dirais trés pragmatique et au contact des réalités du terrain.
Je ne suis pas un naturaliste car je n'y connais rien en naturalisme : je ne te donnerai pas beaucoup de nom de fleurs ou d'insecte mais j'en observe, je connais le lieu de vie d'un certain nombre et c'ets le lieu de vie dans son ensemble qui m'intéresse et que je fais connaitre.
Par contre je pense être un éducateur à l'environnement montagnard au sens large qui va de l'avalanche et de la foret de protection au pastoralisme, ours, etc...
L'éducation suppose que l'on sache analyser le pour et le contre que l'on fasse la thése et l'antithése pour donner le maximum d'informations pratiques à l'interloicteur et le laisser faire sa propre synthése et disposer de son propre avis. Je n'ai pas à penser pour le client, je ne dispense pas de dogme et idéologie... c'est toute la différence avec un écolo basique qui suit des mots d'ordre, des préceptes, une idélogie, une politique sans esprit d'analyse et de synthése.
Je n'ai pas la prétention de tout savoir, bien au contraire. Je pose ou expose des problèmes et des solutions. L'écolo a réponse à tout, il sait tout, yaka et faucon fasse !
Comme tout humain j'ai ma propre idée, parfois confuse. je déroge à ces principes fasse à des excès mais il faut essayer de l'éviter quand c'est possible.
Pour ton info, il existe en France un réseau d'échanges entre éducateurs, un réseau d'éducateur "montagne" et dans ce réseau un certain nombre de pyrénéens avec chacun leurs convictions propres, personelles, respectables et respectées entre nous. Comportement tout à fait impossible avec un écolo basique.
Me suis-je bien fait comprendre ? _________________ Louis DOLLO
Le monde des Pyrénées |
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Invité
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Posté le: Dim 20 Fév 2005 12:08 Sujet du message: |
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Je suis globalement d'accord avec toi.
Juste une petite nuance :
| Citation: | un écolo basique qui suit des mots d'ordre, des préceptes, une idélogie, une politique sans esprit d'analyse et de synthése.
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Je trouve que c'est un peu dur. L'écologiste peut aussi tout simplement suivre son coeur, sa propre conscience et écouter ses craintes justifiées de voir disparaitre de façon alarmante des espèces de flore et de faune. |
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louis Jurat d'Ossau

Inscrit le: 20 Mar 2003 Messages: 2659 Localisation: Tarbes
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Posté le: Dim 20 Fév 2005 12:15 Sujet du message: |
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Dans ces conditions est ce un éducateur, un naturaliste, un protecteur ou un sentimentaliste tout simplement ?
L'action peut^-elle se situer que dans le sentiment sans réalisme et pragmatisme ?
Vit-on que d'amour et d'eau fraîche ? _________________ Louis DOLLO
Le monde des Pyrénées |
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Invité
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Posté le: Dim 20 Fév 2005 12:17 Sujet du message: |
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J'ai aussi écrit "sa conscience"  |
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louis Jurat d'Ossau

Inscrit le: 20 Mar 2003 Messages: 2659 Localisation: Tarbes
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Posté le: Dim 20 Fév 2005 16:02 Sujet du message: |
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Je n'y ai pas fait référence parceque c'est comme l'éthique, quelque chose de trés personnel, d'intérieur et donc trés subjectif. Chacun a un droit de conscience. Mais au nom de quoi peut-il imposer SA conscience aux autres ?
L'imposer me semble dangereux avec des risques d'excés.
Je la mets donc de côté dans le cadre d'une communication avec les autres ce qui n'empéche pas chacun d'avoir la sienne. _________________ Louis DOLLO
Le monde des Pyrénées |
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